À Charlie.

À vos armes citoyens

Et je ne parle pas de celles qui tuent,
De celles qui répendent la douleur,
Engendrent la violence

Armez-vous de l’encre,
Versez-en plus qu’ils ne versent de sang

Au nom de l’Expression,
Battez vous en prose
Faites de l’argument un armement

Et que sous vos plumes
Chaque syllabe soit plus tranchante que toutes leurs armes

À vos armes citoyens,
Sur vos claviers tapez sans cesse,
On vous promet qu’aucun ne blessent

N’ayez pas peur, twittez encore
Internet nous permet un corps à corps

À vos armes,
Que les fusains, à nouveau,
S’enflamment.

Ça faisait longtemps…

Très longtemps, que je n’ai plus écris. Et il s’est passé tant de choses que je ne sais même pas par où commencer! J’ai expérimenté de nouvelles pâtisseries (réussies ou non), j’ai découvert de nouveaux coins de paradis à Strasbourg, compris l’atrocité des partiels, vu de très belles choses autant à l’écran que sur scène… Bref, ce fût riche!

Je vais essayer de parler un peu de tout ça dans cet article.

Vagabondant sur mes blogs de cuisine préférés, je suis tombée sur une recette qui devint alors mon fantasme culinaire: un cake earl grey citron myrtilles. J’en ai tant rêvé, et puis l’occasion se présenta (il faudrait d’ailleurs que je parle de cette occasion), il était plutôt simple à réaliser, quoique la seconde fois je l’ai bien raté!! Je le referais et cette fois-ci je posterais la recette, il est vraiment TROP BON♥♥♥

Et puis comme tous le monde le sait, ce soir c’est la veille de Noël, et chez moi, comme chez la plupart des familles d’ailleurs, les biscuits de Noël, c’est sacré. Chez nous on fait surtout des butterbredele, comprenez « biscuits au beurre », je crois que tout est dit, de toute façon c’est pas comme si l’Alsace avait la réputation de manger light. Donc j’ai décidé cette année de faire mes propre biscuits de Noël. Ma tendre Muttie m’ayant offert des emporte pièces exprès, je me suis attelée à la réalisation de ces bébés. Mais comme j’aime me faire plaisir light, j’ai revisité le biscuit classique, moins de beurre, de la farine complète/de sarrasin, moins de sucre et en ajoutant un cuillère à soupe de cannelle et de même pour le miel: UN PUR DELICE MON DIEU! Je dois avouer que j’étais plutôt fière. Encore une recette à partager!

Concernant les partiels, ils m’ont rendue dingue. J’ai tendance à me mettre une sacré pression sans le vouloir vraiment, pour ceux qui connaissent ça, on est d’accord pour dire que c’est un véritable cercle vicieux. La pression monte, tu révises à mort, et pendant que tu révises la pression est toujours là, et t’arrêtes pas de planifier ce qu’il y a encore à faire, ce qui fait que tu panique encore, et que du coup ce que tu « révise », c’est du vent brassé pou rien, alors on recommence. Atroce. C’est dur de pas céder à la panique! J’ai un peu réussi à me maitriser une semaine avant les exams, en restant la plus calme possible, je m’étais rendue compte qu’en bossant comme une forcenée et en paniquant je me tapais que de mauvais résultats, alors disons en gros que j’ai essayé la méthode inverse. J’ai révisé l’essentiel, j’ai fais en sorte de prendre du plaisir à ces révisions, j’ai lu des textes à côtés, regardé des documentaires (je suis en première année d’Histoire de l’Art), et ça s’est nettement mieux passé!

Culturellement, ces dernières semaines étaient riches aussi. Cette occasion dont je vous ai parlé, c’était la soirée de décrochage auquel j’ai été invitée, de l’atelier d’un peintre que j’aime beaucoup. J’y suis venue une fois seulement cet été, et j’y ai passé la meilleure soirée de ma vie je crois. Dans une période où je me cherchais complètement (sur plusieurs plans différents), cet atelier a fait office de bulle, de parenthèse dans le temps. Je m’y suis sentie si bien, dans un environnement que j’aime énormément. J’ai passé beaucoup de temps assise sur le sol froid de l’atelier, à observer les peintures, à expérimenter mon regard amateur, je me suis essayée à laisser les toiles me parler et je fût surprise de m’apercevoir que j’y voyais, moi aussi, des choses « justes » . Ce que je ressentais n’étais peut-être pas toujours une bêtise d’amateur finalement. Alors voilà, il y a quelque semaines j’ai à nouveau passé une très bonne soirée là-bas, accompagnée d’un ami clarinettiste, qui a finit par faire un boeuf avec un bassiste et un guitariste, plus tard un trompettiste s’est glissé dans la composition, et enfin un autre guitariste s’est joint au groupe. Le rendu était carrément génial! Ils étaient tous en osmose, comment dire, c’est un langage de musiciens qu’il est difficile de comprendre je crois, moi même j’ai du mal, mais c’est comme un réseau wifi entre eux, qui fonctionne par regards, ils se transmettent des messages, comment jouer à ce moment là, qui s’efface pour laisser l’autre dominer cet instant là… C’est impressionnant.

Autre moment fort, la semaine dernière j’étais au TNS (Théâtre National de Strasbourg) assister à la représentation de Cyrano de Bergerac mis en scène par Georges Levaudant. Je ne m’attendais vraiment pas à autant d’émotions. Cyrano, je le connaissais comme ça, pas plus, je savais son histoire c’est tout. Et là je dois dire que je me suis prise une belle claque. J’étais face à des bêtes de scène, clairement. Les comédiens étaient incroyables! Si j’ai pleuré à la fin, ce n’est pas uniquement à cause du dénouement tragique, et même maintenant je ne saurais pas poser de mots sur le pourquoi du comment. Je crois que j’ai pleuré à cause de l’intensité du jeu de Patrick Pineau (Cyrano), parce que jamais je n’ai ressentis un tel choc à la poitrine à la fin d’une représentation. La fin ce n’était pas juste la fin de Cyrano, c’était aussi l’heure d’arrêter de regarder et d’admirer, c’était la fin de la prestation de ce fantastique comédien que je ne reverrais peut-être plus jouer. La fin aussi, d’une énergie constante depuis le début, comme si mon coeur battait en rythme avec eux, dans la même énergie et que celle-ci me fût ôtée brutalement à la fin. Grâce à cette (re)découverte d’un des grands classiques du répertoire, j’ai pu découvrir la beauté des mots dont use Edmond Rostand, l’auteur initial, lorsqu’il vient à parler d’amour.

Un baiser, mais à tout prendre, qu’est-ce?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui peut se confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter au bord des lèvres, l’âme!

Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac, Acte III, scène 10

J’ai encore beaucoup à raconter et à publier, mais ce sera pour la prochaine fois je crois, alors Joyeux Noël à tous, profitez bien des fêtes, je vous souhaites d’étouffer d’amour et de bûches, et de crouler sous les cadeaux!

Kisses ♥ perenoel